JMJ : Mondialisme ou universalisme ?
D'ile de France, le bulletin de Chouan, n'est pas apparu en 2005. Il existe depuis 1987. J'ouvrirai de temps en temps mes archives pour aborder des sujets qui me semblent encore interessants.
La défense de la nation : Une idée catholique

Extrait du bulletin n° 29 D’Ile de France du 3 sept. 1997
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Le rassemblement mondial des jeunes Chrétiens a séduit les adeptes du mondialisme et du cosmopolitisme. Nous en tenons pour preuve la bienveillance médiatique avec laquelle ces journées festives ont été relayées dans la presse et sur les chaînes de télévision. Cette bienveillance est un peu surprenante, compte tenu du militantisme anti-catholique auquel nous sommes davantage habitués. En réalité nous sommes en présence d’une confusion intellectuelle sur laquelle nous croyons nécessaire de revenir.
Ceux qui, comme au Figaro, ont placé ces journées sous le signe du « cosmopolitisme » se trompent lourdement. Il ne soufflait aucun vent mondialiste sur Longchamp,bien au contraire : Chaque nation arborait fièrement ses couleurs pour témoigner de sa présence.
Le christianisme n’a jamais été hostile au sentiment national. Il ne peut donc être associé au message et aux chimères du cosmopolitisme. La religion catholique est, par définition, universaliste (« Katholikos » en grec signifie « universel »). L’universalisme, si on fait l’effort de réfléchir un peu, c’est le contraire du cosmopolitisme. L’universalisme, c’est la diffusion de vérités et de valeurs qui ont la vocation et la prétention de pouvoir être partagées par toutes les civilisations, pour peu qu’on les y encourage. L’esprit cosmopolite, lui, s’inspire de l’étranger pour se transformer sans rien refuser. Une musique cosmopolite est une musique qui mélange différentes musiques originales et traditionnelles pour donner naissance à une sonorisation nouvelle. L’esprit cosmopolite reçoit et se transforme. L’universalisme, c’est exactement le contraire. Un message universaliste s’adresse aux populations du monde entier, aussi diverses soient-elles, pour les transformer. En matière religieuse, ne l’oublions pas, les objectifs et les ambitions de l’universalisme, c’est la conversion de tous les « infidèles », chrétiens ou non (cf la lettre encyclique « Veritatis Splendor »).
Ceux qui auront vu dans les JMJ l’accomplissement de leur idéologie mondialiste sont, soit ignorants des questions religieuses, soit malhonnêtes sur le plan intellectuel. Nous savons qu’ils sont très souvent les deux à la fois.
On leur conseillera donc d’étudier ce qu’est l’approche chrétienne de l’idée de nation.
Voici ce qu’enseigne le catéchisme (’87) :
« Cet ordre à la fois cosmique, social et religieux de la pluralité des nations confié par la Providence divine à la garde des anges est destiné à limiter l’orgueil d’une humanité déchue qui, unanime dans sa perversité voudrait faire d’elle-même son unité à la manière de Babel ».
Le mondialisme est n’est donc pas une idée chrétienne. En revanche, le patriotisme, lui, est une vertu chrétienne absolue.
Quand on se dit catholique, c’est le pape qu’il faut écouter, c’est au pape qu’il faut obéir :
Voici un extrait de sa lettre aux familles de 1994 :
« En premier lieu, on trouve le lien quasi organique qui s’instaure entre la famille et la nation. Naturellement, on ne peut pas parler de nation au sens propre en tous les cas. Mais il existe des groupes ethniques qui, tout en ne pouvant être considérés comme de vraies nations, accèdent cependant dans une certaine mesure au rang de grande société. Dans l’une et dans l’autre hypothèse, le lien de la famille avec le groupe ethnique ou avec la nation s’appuie avant tout sur la participation à la culture. Dans un sens, c’est aussi pour la nation que les parents donnent naissance à des enfants, afin qu’ils soient membres et qu’ils participent à son patrimoine historique et culturel. Dés le début, l’identité d’une famille se développe dansune certaine mesure à l’image de la nation à laquelle elle appartient (…)
Grâce à la culture et à la langue, non seulement la nation , mais chaque famille trouve sa souveraineté spirituelle. Il serait difficile d’expliquer de nombreux événements anciens et récents, heureux et douloureux, victoires ou défaites, qui montrent combien la famille est organiquement unie à la nation et la nation à la famille. »
Etre catholique, c’est donc être favorable aux nations, à leur vitalité démographique et au respect de leur souveraineté. Le mondialisme est anti-catholique. L’Episcopat de France mériterait d’être rappelé à l’ordre chaque fois qu’il se fourvoie dans la défense des immigrés clandestins, chaque fois qu’il s’autorise à nous donner sa fausse leçon sur l’immigration…