Le MPF, un sous-marin sans torpille

Une analyse Villiéro-lepéniste
Dans les milieux proches du Front National, on considère assez largement que le MPF de Philippe de Villiers est en réalité un « sous-marin » de Nicolas Sarkozy qui n’aurait qu’une seule vocation : Contrarier la souveraineté du bâtiment lepéniste qui croise avec une certaine autorité historique et reconnue dans cette mer surprenante du « Out-System », décriée par la bien-pensance, abandonnée des partis politiques mais de plus en plus fréquentée. On y retrouve, certes… - Les laisser pour compte du mondialisme sauvage - Les victimes du chômage massif - Les révoltés de l’immigration incontrôlée ... mais aussi et surtout ces centaines de milliers de patriotes sincères et intégrés que l’on ne peut plus soupçonner de naufrage ou d’égarement politique. Le vote national est bien aujourd’hui devenu un vote d’adhésion, stable et porteur d’ une véritable espérance. Cette théorie du « sous-marin sarkozyste » , pour intéressante qu’elle soit, mériterait toutefois d’être un peu analysée au regard de l’évolution prévisible de l’opinion publique attendue ces prochaines années. Il ne fait désormais aucun doute que les idées nationales ont le vent en poupe. La « lepénisation » des discours est désormais très nettement perceptible même si elle ne se vérifie pas vraiment encore dans les mesures qui sont prises par le gouvernement. Le climat médiatique est lui aussi en train d’évoluer, certaines portes traditionnellement fermées à double tour aux idées nationale s’ouvrent désormais enfin ! Vous vous en êtes tous rendus compte. On voit ainsi Marine Le Pen multiplier les interventions sur des plateaux télévisés, notamment dans des émissions habituellement réticentes à toute participation d’un élu du Front National. La révolution médiatique est en marche. La situation économique et sociale est suffisamment grave et inquiétante en France, pour que cette tendance à l’émancipation se confirme électoralement par une lame de fond à l’occasion des prochains rendez-vous de 2007. Le Front National est promis à un bel avenir. Et le MPF ? C’est dans ce contexte que l’émergence d’une deuxième -et solide- structure d’accueil de français en rupture avec « l ’établissement » présente un intérêt politique certain. Le MPF peut remplir ce rôle efficacement et contribuer à sortir les idées nationales du ghetto politique et intellectuel dans lequel nos adversaires les ont placés arbitrairement. Je ne crois pas à l’hypothèse d’un mouvement Villiériste parvenant à capter l’électorat traditionnel de Jean-Marie Le Pen. Je le dis aux militants du MPF. Mais je ne partage pas la phobie anti-Villiers des militants du FN. J’ai beaucoup de mal à imaginer que derrière la radicalisation de Villiers, derrière la « nationalisation » de son discours et de son programme (bientôt formalisé) puisse se cacher une manœuvre bassement politicienne au service du commanditaire ambitieux qui serait Sarkozy. Je ne pense pas que Villiers se complaise dans ce genre de basse manipulation. Une telle manœuvre politique serait si grossière qu’elle serait révélée rapidement et se retournerait contre son auteur. Les sondages actuels ont tendance à prouver de toutes manières que cette OPA politique ne se fait pas. Les intentions de vote actuelles pour le candidat De Villiers semblent ne pas progresser et ne pas entamer la base électorale du FN. De Villiers ne décolle pas de son électorat familier que l’on peut évaluer entre 4 et 8%. Mais le MPF, par sa présence militante et médiatique, va gagner peu à peu en crédibilité. Il peut être le rassembleur : - des déçus et des cocus de l’UMP qui se présentent par vague entière à intervalles réguliers - des libéraux en mal de candidature crédible - des nombreux électeurs abstentionnistes qui ont la fibre « nationale » et qui, pour des raisons « psycho-médiatiques » plus ou moins justifiées, ne sont jamais parvenues à voter pour le FN. Le Front National ne doit pas se crisper sur cette apparente concurrence et prendre le recul nécessaire pour préparer son avenir qu’il ne peut plus continuer d’imaginer vierge de toute collaboration avec une autre formation politique. De son côté, le MPF ne peut pas continuer à avoir cet objectif inaccessible et contestable de se substituer purement et simplement au mouvement lepéniste en essayant de s’emparer de son électorat tout en prétendant avec une assurance illusoire et excessivement prétentieuse qu’il est capable de faire à lui seul, grâce à la respectabilité de Villiers, bien plus que les 18% de Jean-Marie Le Pen. La courtoisie nationale s'impose. Les deux mouvements essaient actuellement de s’en convaincre. Si le MPF est un sous-marin, il reste pour l’instant désarmé et sans torpille.