Vecchi, une leçon de sectarisme

Je vous propose de lire cet extrait de la dernière chronique de Philippe VECCHI, le chroniqueur télé du Nouvel Obs. Elle a trait à la dernière déroute de la France au concours de l'Eurovision. Je crois que cet article est un condensé de tout ce qui rend la gauche boboïsante détestable : versatilité, opportunisme, mépris prétentieux pour le petit peuple et j'en passe...
"On ne s’attendait pas tout à fait au pire, on l’a eu quand même. La France privée de ballon, mise sur la touche, douchée, touchée, coulée… Un carnage auquel la télé doit, paraît-il, le joli succès d’audience d’un soir de printemps, un 20 mai pas comme les autres puisque, vous avez eu le temps de digérer l’info, vingt-quatre pays s’affrontaient sur le terrain de la chanson à l’Eurovision 2006. Et encore, on ne vous parle que de ceux qui atterrirent en finale. Monaco étant déjà passé à la trappe avec un chef-d’œuvre de connerie signé Séverine Ferrer – « Coco dance » –, restait à la France l’insigne honneur de reconquérir un titre qui lui échappe depuis pas loin de trente ans. L’écriture de la chanson avait été confiée à Corneille, dont il est quasiment interdit de dire du mal, et l’interprétation à une jeune shampouineuse nommée Virginie Pouchain, dont on va en dire : la petite a massacré un titre qui déjà ne valait pas tripette. A peu près fausse tout le temps, il faut bien l’écrire, elle a saccagé à elle seule les dernières chances qui nous restaient de ne pas finir dans le peloton de queue – ce qui fut fait : 22 e sur 24.
Donc, une fois de plus, on s’est tapé la honte nationale, proportionnelle au battage médiatique qui avait précédé l’événement. Même Michel Drucker, en voix off, n’avait plus de mot pour qualifier le flop. Il tourna autour, en grand pro de l’esquive, laissant le soin à son coanimateur de brandir non-stop la cocarde, pour des queues de cerises.
En dépit de ses efforts d’actualisation, d’uniformisation des codes visuels – que du bleu à l’horizon – et de vitesse – et que je te speede toute la cérémonie de remise des points –, l’Eurovision reste un summum de nullité, de chansons épouvantables en commentaires élégiaques.
Finalement, on a eu ce qu’on méritait : une bonne branlée, propre à attiser dès le lendemain des commentaires acerbes, à commencer par Guy Carlier chez Fogiel qui avait décidé de ne pas dire du mal de Virginie Pouchain, mais lui prédit illico presto un retour dans sa belle province pour y shampouiner des vieilles emperlousées. Un peu dur malgré tout, elle ne pouvait guère faire plus, et quoi qu’il en soit difficilement rivaliser avec le groupe finlandais qui remporta la timbale, armé d’un hard-rock masqué à texte pour tous, un vieux truc pour les jeunes, qui ne se laisseront pas couillonner, tellement c’est redoutable. Virginie Pouchain et Corneille auront au moins permis au service public français de ne pas casser sa tirelire l’année prochaine pour organiser l’Eurovision, gageure ringarde qui reviendra aux Finlandais, lesquels sont un peu plus inspirés quand ils nous envoient du côté de la Croisette les frères Kaurismäki. Bon, on ne va pas y passer la nuit non plus, mais ça nous énerve, et au printemps prochain, juré, on zappera direct… "