Concert des hypocrites Place de la République
L'affaire Drut prend de l'ampleur. Je lis et j'entends les déclarations scandalisées des responsables politiques qui parfois atteignent des sommets d'hypocrisie. Vive la République ...
Bayrou, la morale : "Ils sont devenus fous!", a lancé le président de l'UDF, François Bayrou. Le député des Pyrénées-Atlantiques a dénoncé le "côté absolutiste, monarchique de notre République" qui est "en train de saper toute la confiance que les citoyens peuvent avoir dans leur démocratie et leurs institutions". Pour lui, il y a à travers cette amnistie une "sorte d'immoralité assumée, terrible pour l'image de la France et pour les rapports de la France avec le pouvoir".
Guy Drut, "Robin des Bois" : Etienne Pinte (UMP) : "connaissant Guy Drut depuis très longtemps, j'ai du mal à comprendre qu'il ait accepté de bénéficier de cette amnistie".
Le briscard socialiste qui feint de passer pour un jeune puceau, Manuel Valls (PS): "c'est le fait du prince. Un grand sportif, un grand champion, vis-à-vis de la société, doit être exemplaire. Il a plus de devoirs que de droits. C'est tout à fait irresponsable de la part du président de la République".
L'opportuniste Noël Mamère (Verts): "cette décision ne peut m'inspirer que le dégoût (...) Amnistie pour amnistie, je proposerai au président de la République d'amnistier chacun des faucheurs volontaires (d'OGM, ndlr) qui rendent service à la Nation en appliquant le principe de précaution inscrit dans la Constitution".
Le populiste et très pertinent Arnaud Montebourg (PS): "C'est une atteinte grave à la République (...) Beaucoup de nos concitoyens ont 90 euros d'amende parce qu'ils sont, à 53km/heure, pris par un radar ou une jumelle de gendarmes. Ils demandent à nos permanences parlementaires l'amnistie. Vous croyez qu'ils l'auraient ? Eux aussi sont d'éminents sportifs dans leur club local".
Le vieux chantre de la modération Pierre Méhaignerie (UMP): "comme ancien ministre de la Justice je n'aurais certainement pas conseillé cette mesure (...) qui est incompréhensible pour l'opinion publique".
Ne vous plaignez pas ! Le ministre de la Justice Pascal Clément a justifié l'amnistie présidentielle en expliquant qu'elle avait permis au champion olympique d'échapper à "une seconde peine", l'impossibilité de retrouver son siège au CIO. "L'amnistie n'a pas dispensé M. Drut de sa peine. Il a payé les 50.000 euros de sanction financière", a déclaré M. Clément à l'Assemblée.
La langue de bois version Christian Jacob (ministre de la Fonction publique): "Il n'y a pas de dérive monarchique dans cette affaire. Cette décision est dans le champ de la loi votée par le Parlement".
Encore un populiste, Jacques Myard (UMP) : "Il y a pas de quoi en faire une montagne. Mais c'est un sujet sensible. Il y a tellement de gens qui voudraient être graciés notamment de contraventions, alors quand cela se passe au bénéfice de quelqu'un d'autre, ils sont outrés".
L'ambitieuse Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP): "le droit de grâce est une prérogative personnelle du président de la République, il l'exerce comme il entend. L'UMP a déjà dit qu'elle n'en était pas demandeuse".
L'authentique Sébastien Huygues (UMP): "Je suis assez fou furieux de cette décision. Franchement ça ne me plaît pas, ce ne sont pas les valeurs que j'ai défendues pendant la campagne".
130.000 euros - 50.000 euros = 0 pour Jean-Pierre Grand (UMP) !! "Cette décision a été mal ressentie, on peut le comprendre, mais il s'agit de la défense des intérêts de la France avec la présence de Guy Drut au sein du CIO. Guy Drut a payé son amende. Il n'y a pas d'argent public, ni de corruption dans cette affaire".
Le polémiste Eric Raoult (UMP): "Il ne faut pas être plus sévère avec Guy Drut qu'avec Cesare Battisti. Victor Hugo disait: +il n'y a pas de République sans amnistie+."
Sarko l'avenir...: Nicolas Sarkozy s'est interrogé sur l'opportunité de faire perdurer l'amnistie, une disposition "d'un autre temps". "Dans une déclaration plus générale sur le contexte politique, Nicolas Sarkozy s'est demandé si on pouvait continuer longtemps avec l'amnistie, une disposition qu'il a jugée d'un autre temps", a rapporté Jean-Paul Anciaux.
Hollande le politicien : Le numéro un du PS François Hollande a estimé qu'il y avait, outre Jacques Chirac, "un autre" responsable de l'amnistie de Guy Drut : Nicolas Sarkozy qui "a présenté et contresigné le projet de loi d'amnistie en 2002".
Henno "L'agit-prop" : Le président de l'UDF du Nord, Olivier Henno, maire de Saint-André-lez-Lille, a appellé à "inonder" de courriers et de courriels le Président de la République pour protester contre "l'auto-amnistie ravageuse pour la démocratie" de Guy Drut.