LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT LE PEN

Publié le par Chouan

Monsieur le Président,

Dans le contexte d’incertitudes qui planent sur l’avenir de la droite nationale depuis le mauvais score que vous avez obtenu à la présidentielle, j’ai cru bon de vous adresser cette lettre ouverte déposée sur ce modeste blog que vous ne lirez probablement jamais.

Je compte parmi vos électeurs les plus fidèles. Depuis plus de 20 ans, ma voix ne vous a jamais manqué. Ancien adhérent du Front National, j’ai quitté votre mouvement à la suite de la scission de 1999 que je n’ai pas cautionnée et à laquelle j’ai encore moins participé. Je n’ai donc aucun titre de gloire à mettre en avant pour exiger d’être lu ou entendu, pourtant je m’adresse à vous avec les moyens qui sont les miens.

Aujourd’hui, je pense que les conditions qui ont amené le Front National a imploser à la fin des années 90 sont à nouveau réunies pour déclencher une nouvelle crise qui cette fois, ne fera pas imploser mais exploser le mouvement que vous dirigez, ce qui est encore plus grave. Le résultat du 22 avril a constitué un 21 avril pour le Front National. Les dégâts sont encore en cours d’évaluation. La seconde détonation pourrait être encore plus forte. Elle pourrait se produire en juin aux législatives si le Front National poursuit une stratégie de brouillage de son positionnement politique.

Entendant les critiques qui vous ont été rapportées ici et là, vous avez manifesté une irritation bien compréhensible puisqu’elles surviennent à un moment où vous auriez davantage besoin de soutiens que de conseils gratuits plus ou moins éclairés. Pourtant, il ne faut pas que vous vous affranchissiez de la nécessaire remise en cause de certains choix stratégiques qui ont pu être faits ces derniers mois. Le bureau politique ne peut pas se contenter de dénoncer le hold-up réalisé par Nicolas Sarkozy sans se pencher au minimum sur le système de protection, d’alerte et de surveillance de la maison « Front National ». Si Nicolas Sarkozy est parvenu par effraction à entrer chez vous en emportant la moitié de vos meubles, c’est que le système de sécurité de votre domicile présentait quelque part une sérieuse faille. Aussi la première des choses à faire, c’est d’éviter bien sûr que cela ne se reproduise.

Or, votre discours du 1er mai n’a pas laissé entrevoir une volonté de recadrage. Vous attribuez votre défaite à la victoire superficielle et provisoire de Nicolas Sarkozy, à la crédulité des électeurs mais aucunement à la stratégie de campagne qui a été menée.

Ce n’est pas suffisant. Vous devriez pouvoir entendre toutes les critiques, notamment de la base car elles sont très souvent bienveillantes et désintéressées.

L’union patriotique n’a jamais décollé. Elle n’a pas même intéressé les électeurs. Il est même probable qu’un grand nombre d’entre eux n’en connaissait même pas l’existence, et pour cause, Bruno Mégret s’est vu interdire de meeting et de premier rang à plusieurs reprises, ce qui n’était pas le meilleur moyen de faire la meilleure publicité à cette union patriotique.  Si la perspective d’un rapprochement sincère avec Bruno Mégret nous a enthousiasmés, son torpillage interne a transformé l’union patriotique en un bricolage politicien n’ayant rien à envier à celui auquel nous sommes habitués avec l’UMPS.

Au départ,  cette union et cette réconciliation étaient synonymes d’espoir pour les militants de la droite nationale. Aujourd’hui, les hostilités recommencent. Qui en porte la responsabilité ? Qui se montre si hostile à cette coopération ?

L’entreprise de dédiabolisation menée par Marine Le Pen a fonctionné à plein mais elle a surtout profité à Nicolas Sarkozy qui est apparu comme un candidat bien plus « kärcherisant » que le candidat Jean-Marie Le Pen. Vous avez d’ailleurs reproché à Nicolas Sarkozy de n’avoir pas pu se rendre en banlieue, comme si une telle situation sur le territoire français présentait le moindre caractère de légitimité et de normalité. Ce fût une erreur.  Dans l’esprit de l’électeur qui ne saisit pas toutes les subtilités de la vie politique, voter Sarkozy est devenu une manière plus raisonnable et plus efficace de voter pour un nouveau Le Pen. Un nouveau Le Pen diabolisé lui aussi mais pas trop ! L’affiche d’Act-Up soutenant cette idée vous a fait finalement du tort alors que  vous en attendiez que du bien. Cette affiche était même apposée sur les murs des bureaux de permanents travaillant dans votre propriété, c’est dire combien sa dangerosité vous avait et nous avait finalement tous échappé !

Le Front National a changé son discours. Il s’est recentré.  Cette évolution a pu détourner l’attention de l’adversaire occupé à diaboliser Sarkozy mais elle a semé le trouble chez les militants et les adhérents qui préfèrent que les fondamentaux du FN leur soient plutôt enseignés par les leaders historiques et charismatiques du mouvement que par les nouveaux venus. Alain Soral est un homme de lettres mais il est surtout l’ancien militant communiste qu’il est peut-être resté à certains égards. Si ses analyses sont aujourd’hui souvent judicieuses et pertinentes elles n’en déclenchent pas moins l’incompréhension chez de nombreux militants qui n’apprécient pas le ton extrêmement affirmatif employé par l’écrivain, le ton de celui qui aurait une légitimité supérieure et particulière au Front National.  Mais quelle est cette légitimité et d’où procède –t-elle ?

Monsieur Le Président, je vous encourage à rester à l’écoute des militants et des sympathisants qui ont en 2007 beaucoup plus d’autonomie, de moyens et de facilités à déclencher spontanément des mouvements d’opinion.

Si Internet est un puissant contre-pouvoir pour le système, il l’est aussi pour le Front National.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en ma respectueuse considération.

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Publié dans NOTRE FAMILLE DESUNIE

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A
trop d'ambitions,trop d'egos surdimensionnés,trop d'intrigues,trop de palabres,trop de fokon,trop de yaka....<br /> aucun esprit de corps,aucune discipline,aucune conscience politique,aucune reconnaissance,aucun courage,aucun travail....<br /> nous avons ce que nous méritons!
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L
Malheureusement, partout, les jeux de pouvoir prennent le dessus.<br /> Ce qui est vrai en politique l'est tout autant dans d'autres domaines (regardez notamment sur votre lieu de travail). Dès que l'on arrive dans les "hautes" sphères, tout n'est que bassesse, hypocrisie et coup bas. C'est le propre du "pouvoir". C'est, à mon avis, inévitable.<br /> Seuls des hommes charismatiques et hors normes ont pu, l'espace d'un temps, rassembler derrière eux des cohortes. Je crains que ce ne soit pas pour demain pour la droite nationale.<br /> Salutations et bon dimanche hors de la chienlit.<br />  
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C
Ce que je trouve très agaçant, c'est que ces divisions stériles interviennent toujours entre deux discours catastrophistes sur la situation de la France. Notre pays serait menacé de disparition, mais on continue de se payer le luxe de réfléchir à comment tuer le voisin qui mène le même combat et qui lutte pour la mâme cause.<br /> Merci Léon !
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L
Salut Chouan,<br /> J'espère que votre message parviendra sur le bureau de certains "pontes" du mouvement national, histoire de leur remettre un peu les idées en place.<br /> Nous savions depuis des années que l'après Le Pen serait synonyme de tensions et luttes internes. J'avoue même craindre une implosion de la droite nationale. Ce que je n'avais pas prévu, c'était la raclée du 22 avril et la réaction pitoyable des dirigeants frontistes. Plutôt que de se concentrer sur les causes de cet échec, c'est plutôt à une consternante suffisance à laquelle nous avons droit de la part de ces gens. Je n'ai jamais vu tant de visages enjoués et rieurs au FN depuis 15 jours ! à croire que ce n'est là qu'un "incident" de parcours...vivement les législatives et la nouvelle déculotée (qui à mon avis sera là d'une autre ampleur) pour enfin (?) faire sonner le tocsin.<br /> Et maintenant, nous allons avoir droit aux rituelles gué-guerres FN-MNR-mouvements identitaires-MPF et j'en passe...<br /> Je pense qu'on n'a pas fini de pleurer devant cette pièce "tragi-comédie" qui va se jouer devant nous.<br /> Salutations flamandes<br />  
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