La France ne joue plus

Ci-dessus un certain nombre de joueurs français que Chouan aurait bien aimé supporter
La presse étrangère se déchaîne et tire à boulets rouges sur l’équipe de France de manière exagérée comme si la société des nations du football avait un compte à régler avec notre équipe de France. On se demande bien lequel ? Depuis notre victoire méritée de l’Euro 2000, le Football français n’a pas franchement contrarié les ambitions des uns et des autres. Certes, en 2004, nous avions battu les anglais de l’ Euro grâce à un Zidane encore inspiré alors que nous n’avions pas franchement dominé. Mais ce sont les portugais qui ont sorti nos amis d’outre-manche dans des conditions plus que contestables, pas les français ! Paris n’a pas eu non plus les Jeux de 2012. C’est Londres qui a été choisie. Les raisons de cet acharnement, comme le britannique par exemple, sont donc à rechercher ailleurs que sur la pelouse et peut-être sur le terrain politique. La France est de moins en moins respectée et probablement de moins en moins respectable. Le monde entier nous contemple et semble se délecter du spectacle affligeant que nous donnons par l’intermédiaire de notre équipe de football qui est probablement considérée à tort ou à raison comme le miroir de nos incroyables émeutes de banlieue. Je suis persuadé que les non-dits de l’opinion médiatique internationale sont nombreux. Nos voisins européens ne cautionnent plus la voie qui a été empruntée par la France, une voie qui est considérée (silencieusement) comme un contre-exemple par ces journalistes étrangers qui se montrent excessivement prolixes sur les problèmes sportifs que nous rencontrons, faute de pouvoir en dire un peu plus sur d’autres aspects de l’évolution de notre société. Je suis de ceux qui pensent que le sport et la politique restent, quoi qu’on en pense, assez imbriqués. L’ équipe nationale est capitale pour l’image de marque de chaque pays. Elle est parfois même la seule information qu’une partie importante de la population planétaire recevra en provenance de celui-ci. Chaque fois qu’est entonnée l’hymne (peu chantée) de la marseillaise à l’occasion d’un match des bleus, le monde entier nous observe et ne manque pas de s’interroger. « Que se passe t-il en France ??? » se demandent l' agriculteur mexicain, le fonctionnaire chinois ou l' ingénieur australien qui découvrent sur son téléviseur le nouveau visage de notre pays à travers notre équipe de football. « Mais comment la France a-t-elle pu en arriver là ? » s'interroge William, ancien GI'S du Colorado débarqué en France le 6 juin 1944. Je suis persuadé qu'un peu partout dans le monde, les téléspectateurs se posent ces questions. Les journalistes se moquent de nous plus que de notre football, j’en suis convaincu. Notre propension à vouloir donner des leçons d’humanité et de démocratie à la terre entière agace probablement au plus haut point. Certains ne manquent pas de nous le faire savoir en ce moment. Alors les journalistes, les commentateurs s’en donnent à cœur joie. Ils ont bien sûr remarqué et relevé le peu d’engouement des supporteurs français pour leur équipe. Voisins de l’Allemagne, les stades dans lesquels ont évolué les français sont restés désespérément pauvres en maillots tricolores. Stuttgart était sous contrôle suisse et Leipzig sous contrôle coréen. Cette désaffection a forcément plusieurs explications dont une que le politiquement correct oblige à ne pas souligner mais qu’il faudrait pourtant aborder : Cette équipe de France est-elle encore la nôtre ? Les italiens, les espagnols, les allemands, les néerlandais, les suisses ou les portugais seraient-ils enclins à la supporter si elle défendait leurs propres couleurs ? Voilà quelques bonnes questions que le pays réel se pose et que le pays légal ignore. Dominique de Villepin demande avec insistance aux français de se mobiliser pour l'équipe de France. Avec le lyrisme qui le caractèrise, il ne cesse de faire des déclarations solennelles sur cette "formidable équipe", ce "magnifique emblème"... Le 1er Ministre, au plus bas dans les sondages, se raccroche à ce dernier espoir, celui d'une victoire de la France en Coupe du Monde susceptible de changer la donne pour 2007 avec un effet sur l'opinion comparable à la victoire de 1998. Foutaise !