Nostalgie "black-blanc-beur"


J’ai beau essayer de me motiver, j’ai beau essayer de voir les choses du bon côté, rien n’y fait. Je n’arrive plus à me passionner pour cette équipe de France. Pourtant, ce n’est pas mon intérêt pour le football qui est en cause. Il s’agit d’un sport qui a toutes mes faveurs, un sport que je pratique encore malgré les rappels à l’ordre de plus en plus fréquents de mon organisme qui devient bien trop exigeant avec moi.
Déjà en 1998, je n’étais devenu « supporter » de Zidane, Thuram et consorts qu’une fois l’équipe qualifiée en demi-finale. Je n’ai pas honte de le dire. La propagande politique, que dis-je, le matraquage fait autour de cette équipe la rendait presque insupportable puisque les intégristes immigrationnistes y voyaient une formation "black-blanc-beur" avant d’ y voir une grande équipe de football. Quand la France est parvenue à se qualifier en finale, j’ai oublié tout ce qui me chagrinait, mon cœur de patriote français a pris le pas sur mes préférences personnelles. J’ai fait fi de cette propagande en bouchant mes oreilles et en vivant ce grand événement comme il se devait. Je ne le regrette pas. Je me suis prouvé ainsi que je n’étais pas cet indécrottable raciste que j’avais fini par accepter d’être à force de me l’entendre dire par la société bien-pensante.
Mais aux années de victoires 98 et 2000 ont succédé les années de défaites 2002 et 2004. J’ai alors très vite compris que l’analyse qui était faite par les mondialistes était probablement la bonne. J’ai constaté que l’équipe « black-blanc-beur » était de moins en moins composée de « blancs » puis de moins en moins composés de « beurs » pour n’être plus composée que de blacks. Une équipe « black-black-black » comme l’a remarqué fort honnêtement le philosophe Finkielkraut.
Mais le problème, c’est que cette évolution s’est accompagnée de défaites et de mauvais résultats qui m’ont très vite fait regretter les temps glorieux du « black-blanc-beurisme » de la victoire de 1998. Si la France gagnait pour sa composition "black-blanc-beur", on est tenté de croire qu' elle ne gagne plus faute de n'être plus que "black-black-black".
Je m’abrite derrière ma nostalgie du « black-blanc-beurisme » pour vous avouer que, comme mes compatriotes d’origine portugaise qui supportent d’abord et avant tout le Portugal et le Brésil, je ne suis plus supporter de la France mais bien plus de mes cousins suisses ou anglais…