Le Pen de mort
« Ils étaient nombreux dans les rues de Moulins-Engilbert (Nièvre) et d'Eyguières (Bouches-du-Rhône) à réclamer d'urgence une répression plus sévère contre les "tueurs d'enfants", après les morts, lors du week-end du 8 mai, de Madisson et de Mathias. Le Front national n'hésite pas à surfer sur l'émotion en proposant "le rétablissement de la peine de mort pour les pédophiles, violeurs et assassins d'enfants". Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France, demande un référendum sur ce thème. »
Le Monde (édition du mardi 16 mai 2006)
Vous notez donc que si je proteste et m’indigne vigoureusement contre la multiplication de ces cas de récidive, ce que j’avais prédit pour le cas du pauvre Mathias sans rien savoir du dénouement de l’enquête (voir mon post du mardi 9 mai « Des larmes légitimes mais insuffisantes »), c’est que je surfe sur les émotions, sur le malheur d’une famille et sur la mort de ces enfants. Voici comment Le Monde, le journal le plus faussement objectif et objectivement le plus faux, continue de tenter de nous extraire du légitime débat qui resurgit pourtant à l’occasion de chaque nouvelle affaire criminelle. Une très large majorité de français se scandalise du laxisme judiciaire dont bénéficient de fait de nombreux délinquants sexuels. Dans l’opinion publique, une majorité existe très certainement pour réclamer le rétablissement de la peine de mort. Pour la bien-pensance, ce n’est pas acceptable ! Et puis c’est oublier qu’en France, le peuple n’est plus le seul souverain. L’oligarchie médiatique, l’établissement politique et une certaine intelligentsia constituent le « moteur » de « leur » démocratie. Celle-ci considère que ce débat n’a pas, n'a plus lieu d’être. La France serait bien trop « mature » pour reculer et verser de nouveau dans un populisme rétrograde et ténébreux. C'est une double et une grave erreur : 1 - Une erreur morale d’abord, continuer de ne rien faire et de ne rien changer, c’est faire preuve d’une grande lâcheté particulièrement condamnable 2 - Une erreur politique ensuite, chasser le politiquement incorrect par la porte, il reviendra par la fenêtre en 2007...