Sylvain Tesson témoigne : « Quand on parcourt le néant steppique, où pas un seul pouce de terrain ne diffère
de l’autre, il est vital d’alimenter sa pensée, sous peine de virer à la folie, de devenir fou d’ennui ».
Le paysage médiatique français est le néant steppique de l’intelligence contemporaine. Tout n’y est que monotonie et platitude quelle que soit la direction vers laquelle on se
tourne. Dans cette morne géographie, seule une irrégularité, une particularité, une originalité pointe à l’horizon, elle retient depuis plusieurs mois notre attention : Eric
Zemmour.
Eric Zemmour est le seul à être autorisé à porter la contradiction. Il reprend sans hésiter l’essentiel de nos idées en employant presque toujours les argumentaires et la
formulation du camp national. Les dents grincent, les visages se crispent, certaines portes se ferment mais il est encore là.
Certains d’entre-nous restent méfiants. Il faut bien dire que les raisons de l’être ne manquent pas.
Pourquoi le système autorise-t-il donc à Zemmour ce qu’il a toujours refusé aux sans grades de l’écriture comme aux journalistes anonymes de notre famille de
pensée ?
La verve, la culture, l’humour et le talent d’un Serge de Beketch n’avaient rien à envier au journaliste du Figaro. Pourtant SDB n’aura jamais mis les
pieds sur un plateau de télévision. Sans l’apparition d'internet et de ses blogs, un grand nombre d’entre-nous n’en auraient d’ailleurs jamais même connu le portrait.
Alain Soral, cet écrivain qui a rejoint récemment le FN, ne pourrait-il pas lui aussi donner la réplique aux bobos du show-biz qui défilent sur les
plateaux de Ruquier ? Non, Soral a disparu de la télé depuis l'annonce de son ralliement, depuis qu'il est le triquard de certaines organisations
juives qui ne supporteraient pas que sa notoriété progresse.
Ils sont des dizaines comme lui à pouvoir y prétendre. Ils sont des dizaines qui n'auront jamais cette opportunité parce que les initiés occupent le terrain
et doivent pourvoir continuer à nous rebattre les oreilles sans trop être dérangés.
Alors aujourd’hui et pour combien de temps encore (?) c’est Eric Zemmour qui monopolise la parole du politiquement incorrect.
Je ne cherche pas à savoir si Zemmour est sincère. J’ai du mal à imaginer d’ailleurs qu’il puisse ne pas l’être. Ce qui m’intéresse et me comble, c’est de l’entendre affirmer haut
et fort, avec la justesse et la pertinence que je suis en droit d’attendre d’un porte-parole, une partie importante de mes convictions.
Il faut prendre son miel là où il se trouve, comme le dit souvent Jean-Marie Le Pen, surtout que le sectarisme nous est étranger, nous en avons trop souvent fait les
frais pour en adopter à notre tour les travers.
Le miel de Zemmour, tant qu'il est offert...
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